Les études sur l’efficacité de la psychothérapie comportent deux constatations qui se confirment année après année, étude après étude, dans un consensus rassurant.

Tout d’abord, la thérapie est efficace : que ce soit pour les problèmes de santé mentale ou pour les addictions, les groupes de personnes qui ont été en traitement s’améliorent davantage que les groupes qui n’ont pas profité de services cliniques. Ensuite, aucune technique qui a fait l’objet d’une évaluation systématique n’est supérieure à une autre. 

De manière générale, elles montrent aussi que quelle que soit l'inclination que chacun de nous (professionnel) pouvons avoir pour telle ou telle méthode, c'est bien la personnalité du thérapeute - son empathie, son humanité -, ainsi que l'alliance thérapeutique (la relation de confiance qui se créé entre les deux partenaires de la thérapie, patient et thérapeute) qui déterminerait l'efficacité de la thérapie.

Il apparaît donc, comme ingrédient majeur de réussite, le psychothérapeute : certains thérapeutes sont plus efficaces que d'autres et ceci quelles que soient l'approche et les techniques déployées et quels que soient les problèmes traités.
(Ref : B. E. Wampold, « What should be validated ? The psychotherapist », in J. C. Norcross, L. E. Beutler et R. F. Levant, Evidece-Based Pratices in Mental Health, American Psychological Association, 2006.)

Ainsi, il est généralement admis qu'une bonne relation patient/thérapeute constitue la clef d'une psychothérapie réussie. Pour le praticien, la difficulté permanente est de maintenir l'équilibre entre professionnalisme et empathie. D'autre part, les recherches sur l'efficacité, qui confirment d'ailleurs ce que rapportent les patients, permettent de dresser le profil du psychothérapeute efficace :
           . il sait mettre en place un cadre sécurisant, fiable et souple ;
       . il porte une attention soutenue à la qualité de la relation, cherche à se maintenir disponible pour qu'un dialogue émotionnel soit possible, s'inscrit continûment dans ce dialogue pour explorer les fluctuations (voire ruptures) relationnelles, donne sens, et restaure l'alliance de travail en suscitant la participation             active du patient ;
          . il tend, dans un travail tout en précision, rigueur et flexibilité, à valider les efforts du patient ;
          . il est engagé dans un processus permanent de réflexion sur lui, en interaction avec le patient.

*Réf. : Lecomte Conrad. (2009). La clé d'une thérapie réussie ? Le thérapeute. In, Les psychothérapies - Guide et bilan critique -. Les Grands Dossiers des Sciences Humaines. Trimestriel n°15 - Juin-Juillet-Août 2009. pp 32-33. Editions : Sciences Humaines.

 

Les TCC: une efficacité prouvée

 

Que les thérapies cognitives et comportementales (TCC) s’adressent aux adultes ou aux enfants, la communauté scientifique et notament l'organisation Mondiale de la santé (http://www.who.int) reconnaît non seulement leur efficacité dans la gestion de nombreux troubles psychiatriques mais aussi recommande leur mise en œuvre pour faire face à bon nombre de situations cliniques. Les études montrent une nette efficacité des TCC:

  • Dans la prise en charge des troubles anxieux (TOC, phobie sociale, phobie spécifique, TAG, agoraphobie et trouble panique, ESPT), associées ou non à un traitement médicamenteux,
  • Dans la prise en charge des troubles de l'humeur, associés aux antidépresseurs pour les formes les plus sévères et plus efficaces seules dans les formes les plus atténuées.
  • Dans la prise en charge de la schizophrénie et des troubles envahissants du développement notamment sur les aspects de remédiation, d’acquisition des habiletés sociales et de la gestion des émotions.

Rappelons que les TCC, ne résolvent pas miraculeusement tous les problèmes, mais qu’elles sont avant tout issues d'une approche transdiagnostique que le thérapeute a pu mener. Cela va lui permettre de proposer les outils les plus adaptés au regard des différents objectifs définis avec à son patient dans le cadre de la relation thérapeutique en vue d’améliorer sa qualité de vie.