La colère n’est pas forcément notre ennemie

Bien-être et accompagnement psychologique Colère Comprendre ses émotions

 La colère est une émotion humaine normale. Elle apparaît souvent lorsque nous nous sentons menacés, empêchés, blessés, injustement traités ou lorsque l’une de nos limites n’est pas respectée. Elle mobilise notre énergie et nous prépare à réagir.

Comme toutes les émotions, elle n’est en elle-même ni bonne ni mauvaise. C’est un signal : elle nous renseigne sur ce qui se passe en nous et dans notre environnement. En revanche, la manière dont nous l’exprimons peut être constructive ou, au contraire, devenir blessante pour nous-mêmes ou pour les autres.

 

  1. Elle signale qu’une limite a été franchie

 

Il arrive que la colère surgisse avant même que nous ayons réussi à formuler clairement ce qui ne va pas :
« Là, non. Ce n’est pas acceptable pour moi. »

 

Elle peut ainsi nous avertir qu’une limite personnelle a été dépassée.

 

 

  1. Elle révèle un sentiment d’injustice

 

Une situation peut nous sembler injuste, irrespectueuse ou profondément contraire à nos valeurs.

 

Cela ne signifie pas nécessairement que notre interprétation est entièrement juste, mais notre colère mérite d’être examinée : qu’est-ce qui, précisément, nous a heurtés ?

 

 

  1. Elle montre ce qui compte pour nous

 

Nous nous mettons rarement en colère pour quelque chose qui nous laisse totalement indifférents.

 

Derrière la colère se trouve parfois une valeur, un besoin, une relation ou quelque chose d’important que nous essayons de protéger.

 

 

  1. Elle peut nous redonner de l’élan

 

Là où la peur peut nous pousser à fuir ou à éviter, la colère nous donne souvent l’énergie nécessaire pour faire face au problème et agir.

 

Elle peut ainsi nous aider à sortir d’un sentiment d’impuissance.

 

 

  1. Elle peut nous aider à dire non

 

La colère peut nous permettre de refuser, d’interrompre une situation ou de cesser d’accepter silencieusement quelque chose qui, en réalité, ne nous convient pas.

 

 

  1. Elle rend visible ce que nous minimisions

 

« Ce n’est pas si grave. »

« J’exagère sûrement. »

« Je devrais prendre sur moi. »

 

Puis la colère apparaît et nous oblige parfois à reconnaître que, si, cette situation nous affecte réellement.

 

 

  1. Elle nous aide à prendre notre place

 

La colère peut nous aider à exprimer un désaccord, à défendre nos droits ou à demander que nos besoins soient pris en considération.

 

Elle peut devenir une énergie au service de l’affirmation de soi.

 

 

  1. Elle peut ouvrir une discussion nécessaire

 

Lorsqu’elle est exprimée sans violence, la colère peut permettre de mettre un problème sur la table, de demander réparation ou de faire évoluer certains aspects d’une relation.

 

Ce n’est pas toujours confortable, mais tout garder pour soi ne répare généralement pas grand-chose non plus.

 

 

  1. Elle peut protéger une émotion plus vulnérable

 

Derrière la colère peuvent parfois se cacher de la peur, de la tristesse, de la honte, une blessure ou un sentiment d’abandon.

 

Ce n’est pas systématique. Mais la colère peut parfois nous aider à nous approcher d’une émotion que nous ne sommes pas encore prêts à regarder directement.

 

 

  1. Elle nous rappelle que nous n’avons pas à tout supporter

 

Toutes les colères n’ont pas besoin d’être calmées ou étouffées le plus rapidement possible.

 

Certaines ont surtout besoin d’être écoutées, afin que nous comprenions ce qu’elles sont venues nous dire.

 

 

La colère n’est pas nécessairement le problème

 

Le problème peut résider dans ce qui l’a déclenchée, dans ce que nous en faisons ou dans le fait que nous ayons appris à la retenir constamment.

 

La manière dont elle est exprimée doit parfois être travaillée. En effet, écouter sa colère ne signifie pas tout casser ni blesser les autres, pas à justifier les cris, les insultes, les menaces ou la violence. Une émotion peut être légitime sans que tous les comportements qu’elle suscite soient acceptables.

 

L’objectif n’est donc ni d’étouffer la colère ni de la laisser prendre le contrôle, mais d’apprendre à l’accueillir suffisamment pour comprendre son message et choisir une réponse adaptée.

 

Quelques questions peuvent nous y aider :

 

  • Qu’est-ce qui vient d’être touché chez moi ?

 

  • Qu’est-ce que j’essaie de protéger ?

 

  • De quoi aurais-je besoin maintenant ?

 

  • Que me donne envie de faire cette colère ?

 

  • Comment puis-je répondre à ce besoin de manière juste et respectueuse ?

 

 

Quand demander de l’aide ?

 

Un accompagnement psychologique peut être utile lorsque la colère :

 

  • devient très fréquente, intense ou difficile à contrôler ;

 

  • conduit à des paroles ou à des comportements regrettés par la suite ;

 

  • entraîne des conflits répétés, de l’isolement ou des difficultés professionnelles ;

 

  • reste présente longtemps après les événements ;*

 

  • masque une souffrance, un sentiment d’impuissance ou des blessures anciennes ;

 

  • est systématiquement retournée contre soi ou, au contraire, totalement inhibée.

 

Le travail thérapeutique peut alors aider à mieux reconnaître les déclencheurs, à comprendre les besoins sous-jacents et à développer des manières plus ajustées de s’affirmer.