
La colère est une émotion humaine normale. Elle apparaît souvent lorsque nous nous sentons menacés, empêchés, blessés, injustement traités ou lorsque l’une de nos limites n’est pas respectée. Elle mobilise notre énergie et nous prépare à réagir.
Comme toutes les émotions, elle n’est en elle-même ni bonne ni mauvaise. C’est un signal : elle nous renseigne sur ce qui se passe en nous et dans notre environnement. En revanche, la manière dont nous l’exprimons peut être constructive ou, au contraire, devenir blessante pour nous-mêmes ou pour les autres.
Il arrive que la colère surgisse avant même que nous ayons réussi à formuler clairement ce qui ne va pas :
« Là, non. Ce n’est pas acceptable pour moi. »
Elle peut ainsi nous avertir qu’une limite personnelle a été dépassée.
Une situation peut nous sembler injuste, irrespectueuse ou profondément contraire à nos valeurs.
Cela ne signifie pas nécessairement que notre interprétation est entièrement juste, mais notre colère mérite d’être examinée : qu’est-ce qui, précisément, nous a heurtés ?
Nous nous mettons rarement en colère pour quelque chose qui nous laisse totalement indifférents.
Derrière la colère se trouve parfois une valeur, un besoin, une relation ou quelque chose d’important que nous essayons de protéger.
Là où la peur peut nous pousser à fuir ou à éviter, la colère nous donne souvent l’énergie nécessaire pour faire face au problème et agir.
Elle peut ainsi nous aider à sortir d’un sentiment d’impuissance.
La colère peut nous permettre de refuser, d’interrompre une situation ou de cesser d’accepter silencieusement quelque chose qui, en réalité, ne nous convient pas.
« Ce n’est pas si grave. »
« J’exagère sûrement. »
« Je devrais prendre sur moi. »
Puis la colère apparaît et nous oblige parfois à reconnaître que, si, cette situation nous affecte réellement.
La colère peut nous aider à exprimer un désaccord, à défendre nos droits ou à demander que nos besoins soient pris en considération.
Elle peut devenir une énergie au service de l’affirmation de soi.
Lorsqu’elle est exprimée sans violence, la colère peut permettre de mettre un problème sur la table, de demander réparation ou de faire évoluer certains aspects d’une relation.
Ce n’est pas toujours confortable, mais tout garder pour soi ne répare généralement pas grand-chose non plus.
Derrière la colère peuvent parfois se cacher de la peur, de la tristesse, de la honte, une blessure ou un sentiment d’abandon.
Ce n’est pas systématique. Mais la colère peut parfois nous aider à nous approcher d’une émotion que nous ne sommes pas encore prêts à regarder directement.
Toutes les colères n’ont pas besoin d’être calmées ou étouffées le plus rapidement possible.
Certaines ont surtout besoin d’être écoutées, afin que nous comprenions ce qu’elles sont venues nous dire.
La colère n’est pas nécessairement le problème
Le problème peut résider dans ce qui l’a déclenchée, dans ce que nous en faisons ou dans le fait que nous ayons appris à la retenir constamment.
La manière dont elle est exprimée doit parfois être travaillée. En effet, écouter sa colère ne signifie pas tout casser ni blesser les autres, pas à justifier les cris, les insultes, les menaces ou la violence. Une émotion peut être légitime sans que tous les comportements qu’elle suscite soient acceptables.
L’objectif n’est donc ni d’étouffer la colère ni de la laisser prendre le contrôle, mais d’apprendre à l’accueillir suffisamment pour comprendre son message et choisir une réponse adaptée.
Quelques questions peuvent nous y aider :
Un accompagnement psychologique peut être utile lorsque la colère :
Le travail thérapeutique peut alors aider à mieux reconnaître les déclencheurs, à comprendre les besoins sous-jacents et à développer des manières plus ajustées de s’affirmer.